Jour de congé, je m’installe au salon avec les enfants, toute fière de leur proposer un atelier de méditation en pleine conscience. Nos deux filles sont de nature angoissée, je rêve de les voir se détendre. Nous sommes assises sur une couverture douce, la voix soyeuse du CD résonne. Elle propose du calme, de l’immobilité et demande : « Comment te sens-tu ? » La grande de répondre : « Chuis relax, j’ai un peu faim, ça me gratte sur le nez puis… » Alors que je lui rétorque sèchement de répondre dans sa tête, la petite me coupe : « Maman, est-ce que c’est encore loonng ? » Je suis pleinement consciente qu’en deux minutes, je suis devenue pleinement tendue ! La petite s’affale en geignant et heurte sa sœur. S’en suit une dispute à propos de qui a la plus grande partie de la couverture. La voix soyeuse ne bronche pas. Elle n’entend pas, elle, que plus personne ne l’écoute. La grande s’étale aussi, je n’ai plus de place. Je pète un câble sur fond sonore de méditation ! J’hallucine : « PAS MOYEN DE SE DÉTENDRE ICI ?!?! » Cette phrase est devenue un classique familial : mes filles adorent me charrier et raconter à qui veut l’entendre que leur mère s’énerve même en méditant ! Le calme intérieur ne s’impose pas aux autres, il se vit d’abord en soi.

Cet article fait partie du numéro 187 (→ Acheter)