Le Blog

Merci maîtresse !

J’aime cette photo, prise au spectacle de l’école maternelle. Agenouillée devant la scène, la maîtresse a le trac. Elle souffle : “Et maintenant, à droite ! Tournez !”. Elle mime, elle fait les gestes. Sur la scène peu familière de la salle polyvalente, les enfants dansent la chorégraphie répétée à l’école. Certains se plantent face au public pour l’observer. D’autres font coucou à leur famille à chaque passage. D’autres encore tournent dans le mauvais sens, oublient les pas, rêvent. Dans les gradins, les parents sont émus, certains essuient une petite larme. Beaucoup brandissent leur téléphone portable pour immortaliser la scène… sans penser que les images seront forcément de mauvaise qualité. Ça y est, c’est fini. Les enfants saluent, avec sérieux, s’inclinant vigoureusement sur le devant de la scène. Ils ne veulent plus partir ! Et la maîtresse, dans un cri du coeur s’exclame : “C’était super, je suis fière de vous !” Et nous aussi, on a envie de crier : “Bravo maîtresse, et merci !”

A la rédaction, on a une petite suggestion : pour lui dire merci, faites-lui découvrir L’Enfant et la vie !

 

 

Ces profs qui transforment l’Éducation nationale

 

Alors que la critique de l’Éducation nationale semble parfois la règle, voici une lecture salvatrice. Journaliste spécialisé dans les questions d’éducation, Emmanuel Vaillant nous raconte comment des enseignants, plus soucieux de « faire apprendre » que d’enseigner, innovent au quotidien avec leurs élèves. Twictée, carte mentale, éducation à la coopération, médiation par les pairs, relaxation, école ouverte, conseils d’enfants, libre choix d’activité… L’ouvrage recense de nombreuses pratiques enthousiasmantes, les questionne et les met en perspective dans une réflexion plus globale sur l’éducation nationale aujourd’hui. Une analyse passionnante sur le métier d’enseignant aujourd’hui, à l’heure où il n’est plus le seul passeur de savoirs, et qui rappelle que « le métier de prof (…) est aussi un travail de chercheur ». Les enseignants trouveront là de l’inspiration, des encouragements à oser ou continuer ce qu’ils ont entrepris avec leurs élèves. Quant aux parents, ils se glisseront avec délice, comme des petites souris, dans ces salles de classe innovantes.

Bonnes nouvelles de l’école
Emmanuel Vaillant
JC Lattès, 18 €

Echographe domestique : alertez les bébés !

C’est le pompon. On n’a pas voulu y croire :
l’ #échographe domestique, un cadeau de grossesse vraiment original”.  Mais… ça existe vraiment, ça vient des Pays-Bas, et c’est commercialisé sous le terme de #babywatcher.

Imagine un peu : t’es chez toi, sur ton canapé, tranquille, avec le futur papa, et hop, un petit coup de gel sur ton bas ventre, tu allumes l’appareil et… “Coucou, embryon ! Salut, foetus !”, vous visionnez ensemble la vie utérine de cette promesse d’enfant. Il est immobile ? Il dort ? Inacceptable ! Remboursez ! Y’a écrit : “Vivez votre grossesse encore plus intensément !” Une petite pression, comme le font les gynécologues, et hop, réveille-toi, bouge donc un peu, c’est plus amusant ! En plus, on veut “partager toutes [ces] images et [ces] vidéos avec notre famille et nos amis” ! On veut de l’intensité, on veut de l’émotion, on veut de l’action !

Cela pose plusieurs questions… On ne peut s’empêcher d’y voir de l’intrusion dans une sphère intime. Laissez-moi donc tranquille ! Ne me sollicitez pas déjà ! J’ai besoin de temps, de calme, pour me développer, et neuf mois me sont donnés pour ça. On peut y lire également la prépondérance de l’image dans notre société : n’est vrai que ce qui est visible, n’existe vraiment que ce qu’on peut voir. Et les autres sens ? Et la préparation lente de l’esprit des parents ? Et la projection ? Et l’imagination ? Et l’attente ?

Au-delà de ces réserves symboliques, il faut également rappeler que seules trois échographies sont conseillées et remboursées en France. Certes, la plupart des futurs parents sont émus de “voir” l’embryon, se focalisent sur la possibilité qui leur est donnée de connaître à l’avance le sexe de leur enfant et sur ce qu’ils distinguent (“il a ton menton, j’en suis sûre”). Mais il ne faut pas en oublier que si l’on procède à ces examens, c’est pour des raisons médicales : l’échographie est un des outils de suivi de grossesse. Une chose est à garder en tête également :  nous ne connaissons pas encore l‘effet des ultrasons émis par l’échographe sur le fœtus. De nombreux médecins estiment que dans le doute, il vaut mieux lui en imposer le minimum. Certaines femmes enceintes n’hésitent pas à refuser les échographies si elles sont trop systématiques.

Enfin, décrypter les images captées par un échographe nécessite une formation spécifique. Un néophyte peut être persuadé de voir un pied, alors qu’il s’agissait d’une oreille. Les poumons peuvent être pris pour les fesses et vice-versa. Quid des futurs parents qui seront certains d’avoir vu un sexe masculin ? Quid de ceux qui croiront déceler une anomalie ? Quid du couple qui découvre un drame tout seul dans son salon, une malformation ou un arrêt d’activité cardiaque ? Les commerciaux de Babywatcher seront-ils là pour le soutenir dans le doute et la détresse qui le saisiront ? “Un cadeau de grossesse vraiment original”…

 

Pour apprendre, ralentir !

A la rédac, on est à fond sur l’actu. Les Assises de la maternelle ont eu lieu fin mars (bon, on n’était pas invitées), et… on a profité des ponts de mai pour s’y intéresser de près. Ma foi, on n’a pas été déçues*. Même par écran interposé et en différé, c’était intéressant**.Les Assises de la maternelle ont été commanditées par le gouvernement. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik avait la charge d’organiser et de présider ces deux jours de colloque pour « clarifier le rôle de l’école maternelle dans le système éducatif » et « accroître sa contribution à l’épanouissement et à la réussite des jeunes Français. » Différents intervenants se sont succédés à la tribune. Boris Cyrulnik concluait, résumait, synthétisait. Nous retenons tout particulièrement une de ses paroles sur le temps. « Notre système scolaire, dénonce Boris Cyrulnik, encourage le sprint et élimine les coureurs de fond, ceux qui ont un rythme de développement plus lent. » Il évoque les pays du Nord de l’Europe, qui ont adopté une « stratégie éducative et affective » différente. Là-bas, décrit-il, « on les sécurise, on les ralentit. Ils apprennent à leurs rythmes, ils prennent confiance. » A l’âge de 15 ans, leur épanouissement humain est « admirable » et leurs performances scolaires sont aussi bonnes que celles des pays orientaux comme la Chine, la Corée ou le Japon, dont les systèmes éducatifs sont « une forme de maltraitance ». Ces derniers atteignent ces mêmes niveaux à un prix humain « insupportable » (angoisses, troubles, suicides). Il a insisté par ailleurs sur le fait « la qualité intellectuelle n’est pas une qualité cérébrale mais une qualité relationnelle. »

Bon, et sinon, il y a eu un bel effet d’annonce : instruction obligatoire dès 3 ans (et non plus 6). On attend les décrets d’application. Car un chiffre nous a frappéesalors qu’on compte un enseignant pour 22 enfants en maternelle française, la moyenne européenne est à 13… Donc c’est bien joli,  d’affirmer que la maternelle joue un rôle essentiel dans le système éducatif français, mais il faudrait déjà lui donner suffisamment de moyens pour le faire. D’autant que les professionnels appellent aussi de leurs vœux une formation plus poussée : les 3 années de maternelle représentent plus d’un tiers de la scolarité primaire, mais  sont consacrées dans les ESPé aux spécificités de l’enseignement à des enfants de 3 à 6 ans.

 

*Cher Ministère de l’Education nationale, si tu pouvais juste choisir une interface vidéo un peu plus ergonomique. C’est super de pouvoir accélérer le débit de parole, mais ce serait encore mieux si on pouvait revenir en arrière avec précision pour réécouter une phrase qui nous a échappé !
**Bon, on n’a pas tout, tout regardé, mais presque.

Nous, enfants…

Pascal Roy a évoqué l’été de ses cinq ans avec chaleur pour la rubrique “Moi, enfant” de notre dernier numéro. Sur la photo qu’il a choisie comme point de départ, il figure avec sa sœur, Anne. Avant de nous la confier, il a donc demandé à sa sœur son accord, en lui adressant le premier jet de son texte. Anne a réagi en couchant sur le papier ce que lui évoquait cette photo, à elle aussi. « J’adore cette photo ! Tout comme toi, elle me ramène des années en arrière. Nos parents n’avaient pas d’argent, mais s’étaient arrangés pour que l’on ait de vraies vacances, loin de chez nous, un vrai dépaysement, ma première rencontre avec la montagne ! Nous étions dans un chalet rustique, avec un seul robinet d’eau froide et des souris qui couraient sur nous la nuit. Je me souviens que j’avais une peur terrible de la cave où notre mère entreposait les fruits ! Eh oui, Pascal, tout comme à toi, des souvenirs matériels me reviennent : le short orange que je porte sur la photo, acheté pour l’occasion de ces vacances. Comme je l’aimais ! Il faut dire que j’ai souvent porté les affaires de mes sœurs ou de ma cousine, alors là, un short neuf… C’est aussi lors de ces vacances que Maman m’a acheté mon premier livre de bibliothèque, Petitou et ses amis, dans la collection Rouge et Or, je ne l’ai pas oublié non plus. Je sortais du CP. Ces vacances ont été merveilleuses pour moi aussi, balades en montagne, jeux dans les herbes hautes autour du chalet… et la fameuse fondue savoyarde, oh oui je m’en souviens … Le bonheur est suspendu à peu de choses, il oscille dans un mouvement de va et vient. Merci petit frère pour cet instant magique ! »

Et vous, quels souvenirs vous viennent en tête quand vous pensez à votre enfance ? Pour témoigner dans la rubrique “Moi, enfant”, deux solutions : vous pouvez écrire vous-même, ou bien vous choisissez de nous parler et nous prenons note de votre récit. Dans tous les cas, il nous faudra une photo, ou une photo de photo ! N’hésitez pas à nous écrire pour en savoir plus.

Des contes plein la poche

 

C’est une boîte en métal à peine plus grosse qu’une boîte de cachous. Elle contient 32 cartes rondes, très graphiques, sur lesquelles figurent quelques mots : « un éclat de rire », « heureux d’avoir réussi »… On les répartit entre les joueurs et celui qui détient la carte « Tout a commencé » débute l’histoire comme il le souhaite. Le joueur suivant doit poursuivre le récit en y insérant les mots qui figurent sur une des cartes de son jeu, et ainsi de suite. C’est le joueur qui détient la carte « Et c’est ainsi… » qui donne le mot de la fin.

Il faut un peu d’entraînement pour oser laisser vagabonder son imagination et broder sur les propositions des autres joueurs, comme en théâtre d’improvisation. Les parties sont rapides, il n’y a ni perdant, ni gagnant. Un petit cadeau original pour tous les âges, que l’on peut emporter en voiture, en train, pour un apéro entre amis… Bravo à la maison Lily Poule ! A.B.

 

La ronde des contes
Éditions Lily poule.
À partir de deux joueurs sachant lire.
12 € environ

Chère Julia, merci !

Nos lectrices et nos lecteurs, on les aime ! Vous vous souvenez de notre interrogation, dans notre dernier édito, à propos des a priori dont nous sommes parfois victimes. Vous avez été nombreux à réagir sur Facebook en nous donnant votre point de vue sur notre titre, merci ! Claudia nous conseille ainsi de ne pas changer : « on doit pas leur laisser ces deux beaux mots… vous apportez une définition différente et plus humaniste du combat pour la vie et les droits des enfants. Ça fait du bien à tous de pouvoir mettre autre chose derrière ces mots, justement ! » Une autre lectrice liste tout ce qu’elle rattache au mot vie : « C’est un mot magnifique. Vie, vivre ensemble, vital, envie, vitamine, vivace, vaincre. »

Mais nous décernons la palme à une de nos abonnées, Julia, qui nous a écrit ceci par e-mail : « Hier, oh grande joie, j’ai reçu le dernier numéro de L’Enfant et la vie ! Je lis l’édito et c’est vrai je comprends votre questionnement, car en 2018, ce titre peut induire en erreur sur le contenu. Alors je me suis empressée de brainstormer avec mon conjoint. » On les imagine, dans leur cuisine, notre magazine sous les yeux… et on en a les larmes aux yeux !

Julia poursuit :« Conclusion, qu’est-ce que c’est dur de résumer en trois mots une ligne éditoriale ! Résultat des courses, nous n’avons pas de titre, mais des mots-clés ou des phrases trop longues. »

Et Julia de nous les lister :

  • L’enfant, un regard vers l’avenir
  • L’enfant, un regard vers demain
  • L’enfant d’aujourd’hui, l’adulte de demain
  • Danse partagée
  • La parentalité : une danse partagée
  • Grandir avec, grandir ensemble
  • Ensemble, nous grandissons

De fait, ce ne sont pas des titres… mais tout cela nous est incroyablement précieux ! Parce qu’il est parfois difficile de parler de soi, de son travail. Et que nos lecteurs en ont une perception bien à eux, qui nous enrichit. Cela me fait penser à une autre lectrice, croisée sur un salon, qui nous avait dit : “J’apprécie ce que vous faites, parce que c’est engagé sans être militant.”

Aujourd’hui, notre “base-line”, pour parler jargon, c’est “comprendre l’enfant pour mieux l’accompagner.” On s’y reconnaît. Mais on relit maintenant souvent vos propositions, ça nous inspire, ça nous tient, ça nous encourage. Nous sommes toujours preneuses de vos autres idées. Merci Julia, merci à toutes et tous !

Rencontrer d’autres mères

Il arrive que le congé maternité, surtout le premier, soit vécu par les jeunes mères dans une grande solitude : le·la conjoint·e travaille, les ami·e·s aussi, et ce bébé tout neuf est encore bien inconnu. Le projet « Les Heureuses naissances » est né de ce constat : imaginé par trois femmes, il permet à des femmes d’entrer en contact avec d’autres mères ou futures mères du même quartier. Une fois leur profil créé, elles peuvent échanger en ligne puis organiser une rencontre autour d’un café, d’une balade au parc, d’un déjeuner… Ainsi, des petits groupes d’échange, de partage d’expériences et de bons plans peuvent émerger. Une idée toute simple ! Une idée dont on aurait bien aimé profiter lors de notre premier congé mat’ !

 

Des livres pas sexistes pour nos enfants

Ici, on aime bien le blog La mare aux mots. Cette petite équipe fait tout un travail pour mettre en lumière les publications de petits éditeurs (et des autres aussi). Si vous ne savez pas quoi offrir à un.e jeune lect.eur.rice, vous y trouverez une foule de conseils alléchants.

Et là, comme en réponse à notre dossier “Une éducation féministe pour mon fils” (n°187), ils ont sélectionné tout un tas de livres, d’albums, de romans “antisexistes” : des livres militants, qui leur plaisent, qui ne sont pas épuisés, qui mettent en scène des personnages féminins forts et/ou des garçons qui acceptent leur sensibilité. Et en plus, trop sympas, ils listent tout un tas de ressources si l’on veut poursuivre la réflexion.

 

La tentation de la sur-stimulation

Comme le n°188 de L’Enfant et la vie doit être envoyé chez l’imprimeur dans une semaine cinq jours et que je m’ennuyais j’ai encore deux articles à écrire, je me suis dit : « Tiens, et si je lisais le rapport Giampino ? ». Ben oui, quoi, c’est un document incontournable pour quiconque s’intéresse à la petite enfance !

Intitulé « Développement du jeune enfant, modes d’accueil et formation des professionnels », il a été commandé par Laurence Rossignol, alors Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, à Sylviane Giampino, psychologue et psychanalyste. 116 personnes ont été invitées à participer aux travaux de cette mission, dont le rapport rendu en mai 2016 constitue la synthèse.

Bon, c’est vite lu, hein, tout juste 261 pages. Autant dire que je n’en suis qu’au premier quart, très exactement page 51. Et, à défaut de valoir un bon polar, c’est très intéressant. Ainsi, pages 51 et 52, le passage titré «  Se déployer et apprendre : la vitalité découvreuse et ludique » mériterait d’être imprimé et affiché dans bien des lieux d’accueil du jeune enfant et distribué également aux parents. On y lit par exemple que « l’éthique du grandir de l’enfant, sa dynamique d’expansion, nécessite qu’il puisse évoluer et expérimenter sans que chacune de ses expériences bridée par des interdits ou par des personnes trop inquiètes ou trop rigides. »

Plus encore, j’ai apprécié le passage sur la stimulation et la tentation des adultes de faire brûler des étapes aux tout-petits, sur le mode : « Regardez ! Il connaît déjà les couleurs ! Elle distingue son prénom ! Il trace des ponts et des boucles !… »

Bien sûr, il est normal d’être fier des progrès de son enfant, tout comme il est difficile de lutter contre la pression de la performance que véhicule notre société. D’ailleurs, « un autre terme a suscité des réserves dans la mission, celui de « stimulation », très largement utilisé dans les écrits des modes d’accueil en lien avec la volonté de leur recentrage sur l’éducatif. » Il a été regretté, par exemple, que certaines crèches ressemblent aux écoles maternelles, et que les activités « assis à table » se développent et que les parents demandent les dessins des enfants le soir. « Une telle approche comporte un risque de prépondérance du cognitif sur l’affectif et le relationnel ; et quand bien même les stimulations cognitives accélèreraient certaines acquisitions formelles (couleurs, signes, mots), ceci rend-il l’enfant plus intelligent et épanoui à long terme ? »

Pour la suite de la fiche de lecture, il va falloir attendre un peu, parce que sinon, vous n’allez jamais recevoir le n°188. Une question : ça vous choque, l’image des poules ?

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