Ça m’agace. Ça me court sur le haricot. Ras le bol, quoi ! Telle maison d’édition (#Nathan) s’enorgueillit de publier, sous le titre “Ma maternelle épanouie”, la “première collection parascolaire de cahiers d’éducation positive qui accompagnent toute l’année scolaire pour apprendre en confiance et s’épanouir” (et n’ayez crainte, ils ont réussi  à caser le mot “Montessori” en 4e de couverture) (et l’adjectif “bienveillant” aussi). Telle autre (#Hachette) inonde les Relay des gares de France de piles de “Mon cahier de vacances Montessori” (et rassurez-vous, “Montessori” figure en bien plus gros que “mon cahier de vacances”). Que ces éditeurs surfent sur l’engouement pour la pédagogie Montessori, soit ! C’est leur métier et nous avons déjà consacré un article au filon commercial Montessori.

cahier montessori selection lenfant et la vieMais… à quelle relation entre parents et enfants (de moins de 6 ans, rappelons-le !) nous invitent ces publications ? Que laisse-t-on entendre à des parents peu assurés dans leur rôle ? On leur suggère que, pendant les vacances ou au retour de l’école maternelle, un “bon parent” accompagne son enfant dans ses apprentissages, le pousse, en le faisant – je cite – apprendre / se concentrer / reconnaître ses émotions / tracer des ponts / faire un temps calme / écrire les nombres de 1 à 5 / maîtriser ses peurs / suivre un parcours. Tout ça sur un support scolaire (un cahier) avec un stylo en main, et avec un adulte à côté de lui, bien obligé de lui lire et expliquer les consignes, endossant de fait le rôle de l’enseignant. Bref, le temps passé ensemble doit être UTILE. EFFICACE. PERFORMANT. Doit préparer l’AVENIR.

Et après, on reproche aux parents d’être angoissés et stressés. Où est la poule (aux œufs d’or), où est l’œuf ? Je relis l’édito du n°184 et… je ne renie aucune phrase.

Pour moi, les vacances d’été commencent la semaine prochaine. Et pas de cahier “GS/CP” pour ma petite dernière. Nous dessinerons, nous jouerons ensemble,nous enverrons des cartes postales à sa mamie, nous marcherons pieds nus dans l’herbe, nous lirons des histoires dans le hamac, nous ferons des gâteaux, nous irons voir le coucher de soleil, nous dormirons à la belle étoile. Fin août, elle aura engrangé de quoi entrer en CP.