« Pronote » inquiète des lecteurs
Nous recevons des courriers de lecteurs très concernés ! Celui-ci revenait sur notre point de vue sur Pronote.
« Je rebondis sur votre excellent éditorial consacré à Pronote. Je l’ai beaucoup apprécié, mais je regrette que vous n’ayez mis en garde votre lectorat sur les dangers potentiels de l’utilisation ultérieure de ces données. À qui appartiennent-elles ? Qui les exploite ?
Les jeunes adultes, au début de leur vie professionnelle, sont parfois confrontés à un passé numérique peu flatteur, déterré par un directeur des ressources humaines utilisant internet à leur encontre : si votre enfant passe une très mauvaise 6e, souhaitez-vous vraiment que cette période de sa vie puisse devenir publique, des années plus tard, sans son consentement ? Moi pas. Je suis inquiète.
Avec la direction et les enseignants, s’il y a des réunions consacrées à ces logiciels, abordez ces questions ! Ne donnez pas votre consentement à l’aveugle ! Lisez attentivement les conditions générales d’utilisation, analysez-les, critiquez-les, débattez-en ! Surtout que le choix d’un logiciel est souvent fait par la direction, qui est peu experte et peu conseillée.
Pourquoi ces données ne seraient-elles pas périodiquement effacées ? Par exemple dès la remise des bulletins de fin d’année ? Pourquoi ne pourriez-vous les effacer vous-mêmes ? Après tout, c’est vous qu’elles concernent, non ? Où sont-elles stockées ? À l’école ? Avez-vous l’assurance qu’elles ne sont pas copiées quelque part ? Que deviennent-elles quand votre enfant a quitté l’établissement ? Ces questions sont importantes et doivent trouver une réponse qui vous convienne. Parce que c’est de nos enfants qu’il s’agit. »
Qu’en pensez-vous ? Aviez-vous déjà songé à toutes les données collectées par ce type de logiciels ?
Sept familles sans clichés
Décidément, le traditionnel jeu des « 7 familles » inspire les redresseurs de torts et de clichés. Nous vous avions conseillé celui qui fait place à tous types de familles : recomposée, maman solo, vivant à la ville, à la campagne, dans une caravane ou ailleurs, etc. En travaillant à notre dossier « Une éducation féministe pour mon fils » (n°187), nous avons découvert celui qu’a créé l’association Si, si, les femmes existent. Intitulé Femmes remarquables, ce jeu de 7 familles présente 42 femmes, pionnières, compositrices, aviatrices, écrivaines, inventrices, peintres et scientifiques, et permet de découvrir que les femmes, comme les hommes, peuvent investir tous les champs de l’activité humaine. Un répertoire évolutif complète le jeu sur le site, que tout le monde peut contribuer à enrichir. Bonne initiative !
Enceinte ? Vous avez des droits !
Violences obstétricales, épisiotomies, actes médicaux non consentis,… des témoignages surgissent dans le débat public. En témoigne par exemple notre entretien avec la blogueuse et lanceuse d’alerte Marie-Hélène Layahe. Les 800 000 femmes qui accouchent chaque année en France se posent légitimement des questions. Pour y répondre, les avocat.e.s de la Force juridique de la Fondation des Femmes ont rédigé un guide pratique qui vise à mieux informer les patientes sur leurs droits et sur les devoirs des professionnel.le.s de santé à leur égard. Sage-Femmes, gynécologues et associations ont été consultées pour mettre au point ce document, à mettre entre les mains de toutes femmes enceintes !
Jouer pour mieux vivre le diabète
Sabine et Aline ont chacune un enfant diabétique. Elles ont imaginé des jeux de société pour aider les enfants à échanger sur leur maladie, à mieux la comprendre, à en parler à leurs amis et à devenir de plus en plus autonomes pour la gérer. Leur projet s’appelle DID ACT, et commence par une campagne de pré-vente qui financera la première production.
Perdu.e.s rayon jouets ?

Nous l’annoncions dans notre dossier consacré au jeu. Le site enfantoys est en ligne et rassemble plein d’infos sur les jouets, sur le jeu des enfants, sur la place des parents, la sécurité, la fabrication des jouets, le rangement… Il est animé par une équipe de psychologues, de ludothécaires et de ludologues. Ils se sont donnés pour mission d’accompagner les familles et les professionnels de l’enfance vers une meilleure connaissance du jeu des enfants en partant des jouets.
Au dodo, les ados !
Des chercheurs de l’Inserm et de l’Institut National de la Sante ont étudié le cerveau et les habitudes de sommeil de 177 élèves de 14 ans scolarisés dans des collèges de région parisienne. Ils ont constaté qu’une durée de sommeil courte (moins de sept heures par nuit) en semaine et qu’une heure de coucher tardive le week-end étaient corrélées avec des volumes plus petits de matière grise dans plusieurs régions cérébrales (le cortex frontal, le cortex cingulaire antérieur et le précuneus). Ces trois régions du cerveau sont notamment impliquées dans l’attention, la concentration et la capacité à réaliser des tâches simultanées. Rappelons qu’à cet âge-là, le cerveau est encore en période de maturation.
280 « écolo-crèches » en France !
Ecolo-crèche est un label crée par l’association éponyme en 2013. Il vise à évaluer la qualité de vie des enfants et du personnel et réduire l’impact de la crèche sur l’environnement. Entretien, alimentation, ameublement, gestion des déchets, énergies, bâtiment, outils de communication, activités écologiques et ludiques : toutes les thématiques rencontrées en crèche sont couvertes par cette démarche globale. Claire Grolleau Escriva, écotoxicologue de formation en est la fondatrice et présidente. Jeune maman en 1998 à Marseille, elle avait crée une première association pour mettre des enfants en crèche au contact de la nature. Ensuite, les crèches n’ont cessé de lui demander des conseils sur le choix des matériaux, des aliments ou des activités qu’elles mettaient en œuvre. Pour connaître les crèches labellisés ou les démarches pour obtenir ce label : www.ecolo-creche.fr
Pour parler de la violence terroriste
Après les attentats de janvier 2015, le poète franco-marocain Abdellatif Laâbi se sent un devoir de s’exprimer et de transmettre à petits et grands les valeurs qui sont, pour lui, celle de l’ « être humain ». Accompagné des coups de pinceau colorés de Zaü, son poème soutient et défend la liberté, la paix, la tolérance, le respect de la vie sous toutes ses formes.
Avec des mots justes et simples, sa protestation contre la violence peut être comprise universellement mais s’adresse en particulier aux plus jeunes qui, d’après Alain Serre, l’éditeur, « ont leur mot à dire sur tout cela, leur part à prendre, déjà, dans ce vaste chantier. »
Un dossier sur le terrorisme et les attentats de Paris, suit le poème. Il donne aux parents et aux enfants des clés pour en discuter ensemble. Un livre pour dire à tous que les mots sont plus puissants que les armes.
, Abdellatif Laâbi, Zaü, Rue du Monde, 2015
Un album pour dire son amour
Alors qu’il s’apprête à se coucher, Archibald, petit garçon aux grands yeux, demande ouvertement à sa maman si elle l’aimera pour toute la vie… La maman prend le temps de répondre tout en douceur. Sur chaque double page, les contraires se font face, réunis par l’amour maternel: “Je t’aime quand tu le vois, et quand tu ne le vois pas”; “Je t’aime quand tu penses à moi, et quand tu oublies”… Des textes sobres jouant sur les doubles sens –je t’aime quand tu es contre moi (serré contre moi) et quand tu es contre moi (opposé à moi) ou sur la nuance “Je t’aime parce que tu es mon enfant, mais que tu ne seras jamais à moi”, des illustrations au trait fin et délicat…Mon amour est non seulement une déclaration d’amour à son [ses] enfant[s]mais aussi une petite perle de poésie où chaque mot est choisi avec soin. Des mêmes autrices, le tout récent album Un amour de petite sœur aborde avec tout autant de finesse la naissance du deuxième enfant.
Mon Amour, Astrid Desbordes et Pauline Martin, Albin Michel Jeunesse ; 9,90 €
Jouer pour éduquer
Quand la psychologue Aletha Solter, qui a tant œuvré pour la diffusion d’une conception non-autoritaire de la discipline, sort un nouveau livre, nous nous précipitons. Et nous ne sommes pas déçus. Développer le lien parent-enfant par le jeu ne présente ni jeux originaux ni conseils d’achat. Il est plutôt à voir comme un livre d’éducation générale, comme on parlerait d’un cours de philosophie générale. Car Aletha Solter se penche sur un large éventail de préoccupations et de situations familiales, de l’apprentissage de la propreté aux réactions post-attentats. S’appuyant en particulier sur le travail sur l’attachement du psychiatre britannique John Bowlby, elle insiste surtout sur le jeu libre et la posture ludique que peuvent endosser les parents. Grâce à la multitude de témoignages et de retours d’expérience, les suggestions sont concrètes et semblent reproductibles. A la fin de chaque chapitre, des récapitulatifs facilitent la recherche ponctuelle de conseils. Un livre auquel il faut revenir souvent, tant il est riche de répercussions sur la vie quotidienne.
Développer le lien parent-enfant par le jeu, Aletha Solter, Editions Jouvence
